Le-Scaphandrier

Le-Scaphandrier

Le Chocolat du Chevalier de Beauve

Nous sommes sur le port militaire de Brest en l’an 1720.

-         Bande de chiens, vous allez pomper plus gaillardement, le plongeur ne respire pas assez !

L’homme en colère qui s’exprime ainsi c’est un garde de Marine, le chevalier Pierre de Rémi de Beauve.

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Il houspille deux malheureux bagnards qui s’activent en maniant, cependant, le plus énergiquement possible un énorme soufflet de forge d’où sort un tube en cuir qui plonge dans l’eau glauque du port militaire.

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Un flot de bulles d’air sort en surface. On voit soudain apparait un monstre sortant de l’onde. En fait un individu revêtu d’un vêtement bizarre et coiffé d’un casque métallique possédant deux yeux en fente.

Le tuyau qui part du soufflet rentre à l’intérieur du dit casque et ressort par un autre situé à l’opposé.

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Ce plongeur, comme le nomme le chevalier, tient dans ses bras un sac portant des lettres à moitié effacé par l’immersion dans l’eau de mer.

Jeté à terre il s’ouvre sous le choc laissant apparaitre des  boules marron et olivâtres

Le noble bondit :

-         Maladroit, vois comment tu traites mes fèves de cacao !

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, le cacao, dont on va tirer le chocolat que vont déguster les belles dames de la cour. Surtout Mme de Pompadour qui y trouvant des pouvoirs aphrodisiaques se faisait servir  du chocolat à triple vanille et ambré à son déjeuner. Elle en a fait découvrir les vertus à son royal amant dont le sceptre, avec l’âge, présenterait moins d’énergie.

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Mais d’où viennent donc ces fèves sortant des profondeurs marines ?

Il s’agit de la perte de nombreux sacs qui, lors du transbordement de cette marchandise, tombent à la mer. La manutention en est assurée par des malheureux bagnards, pas très attentionnés, comme on est en droit de se l’imaginer

Et le Chevalier Pierre de Rémy de Beauve et sa famille possède des intérêts dans l’acheminement et la transformation du cacao qui nous arrive d’Amérique.

Il en sera longtemps de même. Une chocolaterie Debeauve existant toujours à Paris,

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la particule du nom ayant disparue,  tendant lors de la révolution à en faire oublier l’origine nobiliaire pour les raisons sanguinaires que  Maximilien Robespierre professait vis-à-vis de cette couche de population.

Voyant ainsi une perte importante de ses revenus, Pierre de Rémy de Beauve s’est donc mis en tête de construire un appareil destiné à la récupération d’une part de sa richesse, ainsi perdue dans les eaux du port.

Il va inventer un « scaphandre » selon le nom que va lui donner  quelques années plus tar l’Abbé de la Chapelle, inventeur du terme.

En voici une description succincte :

…C'est donc en 1715 que le chevalier Pierre de Rémy de Beauve, garde de marine à Brest imagina cet étonnant scaphandre.

Son plongeur est revêtu d'une combinaison fermée dans le dos avec des baguettes de cuivre il porte dessous un corset de fer destiné à protéger le torse de la pression de l'eau, corset sur lequel vient s'emboîter un casque métallique équipé de deux verres pour la vision.

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La combinaison est raccordée aux poignées par simple serrages il est chaussé de sandales à semelles de plomb.

Deux tuyaux venant de la surface, fixé sur le casque assurent la ventilation par un énorme soufflet de forge, manié en surface par deux aides musclés. Ceci car l'air envoyé par l’un des deux tuyaux, ressort immédiatement par l'autre. Le chevalier ne connaissait vraisemblablement pas le rôle important de soupapes judicieusement placées.

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Il est certain que cet appareil ne permettait pas des immersions profondes. Il devait être prévu pour des plongées et interventions sous coques ou des récupérations dans le port à faible profondeur…

Surtout la dite récupération de ses fèves de cacao.

Mais le cinéma veillait. C’est ainsi que Mr Patrice Leconte, un excellent réalisateur, nous fit apparaître ce matériel novateur pour son époque dans le film « Ridicule » Je n’en raconterais pas les péripéties en détail.

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Sachez seulement que mis à part les charmes évidents de Madame Fanny Ardant, on y découvre aussi ceux de Julie Godrèche, une jeune fille qui, en mal de siècle des lumières, s’est mise en tête de découvrir les fonds subaquatiques. Dans un puits tout d’abord, dans un étang ensuite. Surtout, en utilisant le scaphandre mis au point par notre Chevalier.

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Tout ceci est peu conséquent. Ce qui l’est plus c’est lorsque le Président du Musée DUMAS, mon excellent ami PYLB (pour Pierre Yves Le Bigot) retrouve ce matériel oublié dans un tiroir de la société productrice Épithète et le fait acheter par la Mairie de Sanary pour le dit Musée.

C’est un succès au vu des visiteurs nombreux qu’il attire.

PS. La partie de ce texte traitant de la récupération chocolatière par le Chevalier  de Beauve est totalement imaginaire  et issue du cerveau débordant de l’auteur du blog.

 



11/05/2014
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