Le-Scaphandrier

Le-Scaphandrier

Histoire d’une chanson scaphandrière

« Mets ton habit scaphandrier »

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Il ne s’agit pas comme on pourrait être endroit de le penser de l’une de ces chansons viriles propre à l’état d’esprit des plongeurs de la Sogétram à cette époque où nous sortions tous du monde ouvrier, loin de l’école des Roches et plus proches des salons Fourina.

Non, mais vous l’avez sans doute deviné, il s’agit de « Mets ton habit Scaphandrier » de Léo Férré que nous avons tous fredonné dans notre prime jeunesse.

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L’idée était de la faire figurer dans « Scaph’50 info »le bulletin interne de cette association des pionniers de la plongée professionnelle dont j’ai été l’un des membres fondateurs.

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C’est alors que l’équipe rédactionnelle se réunit au cours d’un bon repas. J’en suis et nous pensons qu’effectivement le côté rétro de cette chanson ne peut que séduire notre lectorat.

Mais sérieux quand même nous en examinons le texte et c’est en le disséquant que l’on peut lire que :

-         L’on voit un étrange attirail…

Pourquoi pas après tout, car le matériel de l’époque pouvait se voir adjoindre ce genre de qualificatif.

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Par contre parlant :

-         Des fleurs des oiseaux, du corail…

Pour le Corail, si quelques uns, des artistes, y ont tâté, l’un de nous ricane :

-         Me faites pas rigoler, z’ont jamais fait du corail, par contre, quelques uns les potiches (amphores)  ça, il les laissaient pas traîner !

Où cela se corse, c’est quand est dit :

-         Descend dans le cœur de ma blonde…

Ce qui nous fait souvenir que les scaphandriers de nos équipes de chantier ne faisaient aucune différence en matière de teinte de cheveux, blondes, brunes, rousses, peu importait à leur libido débridée.

Suivent quelques rires et souvenirs de rencontres avec des admiratrices passagères dont je préfère ne pas donner même le prénom…

Après ces apartés sulfureuses, nous finissons sur les dernières strophes où là quand même l’auteur nous réserve un drôle de sort quand il écrit :

-         Dans les profondeurs du vide le scaphandrier s’est perdu…

Là c’en est trop, nous n’avons jamais perdu de scaphandrier dans le vide comme dit la chanson. Perdus sans doute, quelques fois, mais dans les quartiers chauds de Tanger, Abidjan, Lyon et autres lieux.

 Les agapes terminées, il est prévu que cette aubade paraîtra en entier dans le prochain numéro de Scaph’50-infos.

Prudent cependant l’un de nos administrateurs consulte la Sacem, cet organisme chargé de recueillir les droits des auteurs. Il obtient très vite une réponse :

-         « Monsieur est ce que vous allez faire interpréter cette chanson par vos scaphandriers ? »

Question surprenante en théorie encore que nous en avons tellement entendu d’autres. Réponse négative de notre copain qui se voit conseillé de contacter l’éditeur de la chanson. Après bien des marches auprès de nombreux organismes, il  tombe sur une  dame, qui lui dit qu’elle ne prendra que 15 % du chiffre de la vente de notre magazine.

-         « Mais madame, c’est pour la faire paraître dans le bulletin de notre association qui est gratuit…»

Un court silence et la charmante reprend :

-         « Bon, alors je vais faire un calcul et on va vous fournir un devis… »

Devant cette voracité financière avérée notre ami à eu cette phrase simple et lapidaire :

-         «  Chère Madame, je vous en prie, oubliez nous ! »

Et c’est ainsi que la chanson du scaphandrier est restée oubliée parmi nous, perdue dans des limbes administratifs…



21/07/2016
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