Le-Scaphandrier

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L'épave de Tauroentum

L’Épave de Tauroentum

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Ce 31 juillet de l’an 49 av JC, Nésimus Tanteplus vient d’être jeté au bas de sa couche par son esclave favorite la belle Ophélia, qui pousse des hurlements hystériques en indiquant la mer vers le large juste sous le balcon de sa villa située sur le cap Mouretum.

-         Zizi réveille toi il y a des barbares en bateau qui nous attaquent, ils vont me violer et tu ne voudras plus de moi ! Quelle horreur !

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Inquiet le seigneur des lieux se précipite  et constate qu’effectivement on peut voir des navires se livrer à des combats furieux. Une vraie bataille navale.

Il s’agit vraisemblablement de la flotte de Pompée qui défend les Massaliotes, déjà bien impétueux, contre la flotte de César sous les ordres de Brutus. Un mauvais fer celui là qui lors des ides de mars trucidera traîtreusement son parrain. C’est juste pour situer le gaillard.

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Il y a dix sept navires massaliotes, surtout des anciens bateaux de pêche, militarisés comme on pourrait le dire actuellement. De l’autre côté, ils sont mieux outillés, des trirèmes, des galères de combat avec des éperons en bronze. Notez bien cette particularité, ces éperons qui vont être à l’origine de toutes les recherches effectuées depuis.

Et la bataille se déchaîne. Évidemment les Romains vont coller une pâtée monstrueuse aux Marseillais, qui se sont bien défendus quand même. Il faut lire un récit d’époque pour voir comment on s’étripait joyeusement :

… les vaisseaux de Massalia étaient plus propres à l’attaque, plus légers à la fuite, plus faciles à ramener par de rapides évolutions, plus dociles à la main du pilote ; ceux des Romains au contraire, par leur pesanteur et leur stabilité, avaient pour eux l’avantage d’un combat de pied ferme, et tel que sur la terre on peut le donner. Dès lors chaque vaisseau qui, de sa proue, heurte le flanc des vaisseaux de Brutus, y reste attaché, vaincu par le choc, et retenu captif par le fer qu’il enfonce. D’autres sont arrêtés par des griffes d’airain ou liés par de longues chaînes ; les rames se tiennent enlacées, et les deux flottes, couvrant la mer, forment un champ de bataille immense. Ce n’est plus le javelot, ce n’est plus la flèche qu’on lance ; on se joint, on croise les armes, on se bat l’épée à la main.

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Revenons à la dite bataille de Tauroentum… et Tauroentum, c’est le Brusc. Des archéologues, et pas des moindres, ont finit par reconnaître que ce fut bien l’un de ces comptoirs grecs d’abord, sous le nom de Tauroeïs, romain ensuite. Ils nous confirment que :

-         Tauroentum a dû occuper toute la zone qui s'étend depuis la Roche Blanche, les Salles, à l'Est, jusqu'au Cros et le Gaou à l'Ouest.

Et que, en découlant, l’affrontement naval y a bien eu lieu. Oui ! Mais où ? Est-ce dans la rade, où plus certainement l’extérieur, entre Sicié et la pointe Coucoussa

Pourquoi suis-je si affirmatif ?

Je pense en avoir la confirmation quand un jour mon ami Léon un pêcheur du Brusc, alors que nous passons devant la pointe de Mouret me signale que :

-         Tu vois là au large, il nous arrive de prendre les filets et quand on tire dessus ils viennent…et il reparte quand on donne du mou. C’est certainement une épave en bois. En plus elle a du brulée car il y a un collègue qui à remontée des morceaux de bois noircis, carbonisés !

D’un seul coup je m’intéresse car une épave en bois là devant. Une idée me traverse, qui va se transformer quand il ajoute :

-          C’est par ici qu’en 1877 il y a un autre pêcheur qui à remonté une ferraille  pointu, du bronze en faite avec comme une méduse au bout.

Euréka ! C’est le rostre de galère dont on parle souvent qui viendrait donc d’un navire coulé lors de la bataille de Tauroentum.

Je par à la recherche de nouveaux éléments et je retrouve un papier auquel je n’attachais pas d’importance que m’avait offert une gentille copine pour mon anniversaire. Elle m’a dit l’avoir acheté dans une brocante.

C’est un genre de parchemin ancien. Le vendeur lui à dit que cela venait d’un couvent de moines en faillite. Dessus il y a le dessin d’une épave qui coule devant un cap, le Sicié peut être ?

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Bon mais où est-elle ?

Léon me parle d’une mire de la Marine, d’un arbre en boule et d’une profondeur de 30 à 40 brasses, ce qui devrait faire dans les 60 à 70 mètres, bigre c’est bien profond pour moi à l’époque.

J’en parle à des copains plus audacieux. Ils plaisantent, car un peu pirates, ils savent qu’il n’y a rien à trouver dans ce secteur qu’ils ont parcourus dans tous les sens. Mais ils y vont quelque temps après :

-         On a trouvé ta bataille, une barcasse pourri avec quelques membrures brulées. Rien de valable sauf une pièce en bronze qui vaut que dalle !

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La pièce je l’ai vu et là je suis sur que c’est une galère romaine.

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Quand j’ai voulu y plonger à mon tour, la marine avait enlevé la mire, qui parait il gênait les touristes….

Les restes des héros romains et grecs reposent toujours dans les grands fonds…

Mais peut être un jour…car quand même cet éperon, ce « rostre »…il a bien existé…

Va savoir ?

 



28/04/2014
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