Le-Scaphandrier

Le-Scaphandrier

Par le Pr. Nardo Vicente "La grande Nacre de Méditerranée"

 La grande Nacre de Méditerranée par le Pr.Nardo Vicente

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Responsable scientifique de l'institut océanographique Paul Ricard aux Embiez

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En 1955, j’ai découvert le port du Brusc et surtout les fonds marins entourant la balise de la Casserlane. En plus d’une faune abondante dans un milieu de roches, créant des failles où se glissaient Sars et corbs, les champs des posidonies bien vertes à l’époque ondulaient tout autour, où l’on en voyait surgir les nacres.

La grande nacre, y figurait en de nombreux exemplaires fichés droits sur le fond. Il s’agit du plus grand coquillage bivalve endémique de la Méditerranée.

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Elles ont été abondamment arrachées par les touristes, croyant pouvoir en faire des souvenirs, alors que la chaleur les rendait fragiles et cassantes.

Ce bivalve a donc diminué lors des dernières décennies suite à diverses raisons bien plus sérieuses que celles évoquées ci-dessus.

En fait les principales en étant une récolte incontrôlée lors de la pêche au chalut, et la destruction de plus en plus importante par les mouillages de bateaux devenus trop nombreux.

Il n'y avait pas jusqu'ici de travaux sur « Pinna nobilis » dont la physiologie était peu connue.

C’est pourquoi il est intéressant de découvrir maintenant un ouvrage fort complet à son sujet.

Son auteur, le Pr Nardo Vicente est professeur émérite de biologie à Aix-Marseille Université (IMBE). Il a effectué de nombreux travaux sur la pollution du littoral méditerranéen.

Spécialiste de la Biologie et l’environnement marin, il travaille sur la Grande Nacre depuis plus de 40 ans, dont il a publié aux Presses de l’Université de Provence un livre Broché de 152 pages le 12 Mars 2020.   

La Grande Nacre de Méditerranée.

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Il y met l’accent sur sa biologie, sa physiologie, son développement embryonnaire et surtout les mesures de protection de l'espèce.

Une menace totale de sa presque disparition, soulignée dans cet ouvrage, l’a heureusement faite classée et, elle est aujourd'hui protégée depuis 1992.

Un peu d’histoire de scaphandriers…

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Dans des temps anciens, elle a été exploitée pour la nacre de sa coquille et pour le byssus transformé en tissus. La légende dit que c’est avec ce Byssus que Jason l’Argonaute aurait créer la toison d’or en en laissant trainer de grandes longueurs dans des rivières porteuses de paillettes aurifères.

Enfin, elle pouvait même être consommée. Ce qui n’a pas manqué d’attire notre intérêt de jeunes plongeurs dans les années 50/60. Suite aux généreux conseils que nous distribuaient couramment les vieux scaphandriers à casque :

-        « Jeune, tout ce qui est ou fond de la mer appartient aux plongeurs surtout ce qui se mange ».

Sur ces sages conseils, pour la nacre, plongeurs débutants  nous nous sommes donc empressées de la cuisiner telles les coquilles St Jacques. À table, les avis et surtout ceux de nos compagnes furent partagés.

Tout d’abord, il fallait avoir une dentition à toute épreuve vu la consistance de ce muscle. Ensuite un gout fort iodé même atténué par une sauce à la tomate légère, ne fit pas remporter le succès attendu et notre expérience culinaire en resta là.

Ce qui maintenant nous permet d’affirmer avec la plus grande fermeté que nous n’en avons pas été les pires prédateurs…

 

 

 

 

 



01/01/2021
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