Le-Scaphandrier

Le-Scaphandrier

L'épave de la Tempête et le scaphandrier

 La Tempête  et le scaphandrier

-         Le matelot Loridon  doit sortir du caisson.

Passage dans le sas pour effectuer le palier.

J’obéis immédiatement à l’ordre qui vient de m’être donné par le quartier maître chef infirmier.

Effectivement, je suis dans le caisson thérapeutique du GERS, cela se passant pendant mon service militaire dans la marine et nous devons être en 1956. La date précise m’échappe.

Je viens de terminer mon quart d’assistance auprès d’une victime d’un accident de décompression, un scaphandrier nommé Hector  bien connu sur le port de Toulon

Ayant quitté son habit de scaphandre à Casque il utilise maintenant les bouteilles et là il aurait abusé de son temps de plongée lors de la récupération du filet d’un pêcheur à Porquerolles

On nous l’a livré sur une civière dans un triste état. Mais grâce aux soins prodigués par le Médecin et le pharmacien qui n’ont pas hésité à le redescendre très bas, à la pression dite de soulagement, il est en cours d’une lente remontée qui va durer 72 Heures.

caisson pour hector.jpg

Pour l’assister et le surveiller, nous les matelots plongeurs prenons le quart chacun notre tout pur des durées calculées très précisément. Ce qui nous fait faire des paliers à notre tour dans le sas du caisson.

Lorsqu’intervient mon tour d’accompagnement, il choisi de se confier et :

-         Jeune me dit-il comme on parle en Provence à un gamin de mon âge… Jeune, je vois que toi et tes collègues, vous vous occuper bien de moi. Alors je vais te dire où l’on peut trouver des amphores, une épave…

Je passe rapidement sur ses révélations qu’il va aussi transmettre aux autres matelots mes amis. Mais je vais en tirer le croquis des alignements.

Dans le lot de ses confidences qui nous ont beaucoup déçus (Lire mon ouvrage « Plongées au GERS 1954/57) il y a « La Tempête »

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Il s’agit de l’un de ces gardes côtes fortement cuirassé, construit en 1872. qui possédait à l’origine deux canons de 270 pesants au total 56 tonnes !

Après une existence morne et sans exploits guerriers, il sera utilisé comme but de tir. Et remorqué dans la passe de Porquerolles, où il coule dans un fond de 20 mètres, au large de l’Anse des Pins.

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On n’entendra plus parler de lui, pendant un demi-siècle.

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Hector remis sur pieds grâce à nos soins vigilants, désirant remercier le pacha nous a emmené en croisière à bord de l’Élie Monnier et c’est ainsi que j’ai pu effectuer l’une des premières plongées sur cette épave.

Revêtus de nos Mutta di Gomma, après avoir capelés notre tri acier équipé du CG 45, nous allons voir ce qu’il en est.

Le Tempête gît sur un fond de vingt mètres, au milieu des posidonies, en bien mauvais état suite à ce que lui ont fait subir les lourds canons de l’escadre.

En fait c’est un tas de tôles diverses. Par contre il est très peuplé surtout des sars de fort belle taille.

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J’y reviendrais avec mon ami Jacques de Porquerolles pour en prélever quelques uns, en chasse sous marine, qui finiront sur un grill confortable.

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L’affaire du Tempête  ne s’arrête pas là, car Hector nous certifia que l’épave avait été déjà visitée par d’autres scaphandriers et, que l’un d’entre eux, avait commencé à récupérer des longueurs d’un câble en cuivre qui passait sur les ferrailles. Le lendemain de cette récupération le pirate s’était vu interpellé par les gendarmes maritimes.

En fait il était tout simplement en train de débiter le câble téléphonique de l’Île de Porquerolles.

Légende ou vérité ? …Va savoir comme on dit, sous le tamaris, sur le port du Brusc…

 

 



02/11/2014
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